ⓘ Politique

Parti politique

Un parti politique est un groupe de personnes possédant des idées politiques communes réunis en association. Il peut chercher à influencer le gouvernement en place, en le soutenant si celui-ci en est issu, ou en sy opposant. Il nomme également ses propres candidats aux différentes élections et en tentant dobtenir des mandats politiques. Un parti politique peut aussi influencer lopinion publique. Il peut être présent au Parlement. Plus généralement, la notion de parti politique possède deux définitions. La première, dordre idéologique, est presque synonyme de faction: il sagit, pour reprend ...

Politique étrangère

La politique étrangère est laction menée par un État en vue détablir des relations diverses avec dautres États, de coopération internationale, commerciales, diplomatiques et militaires, etc. Cest le ministère des Affaires étrangères qui conduit effectivement la politique extérieure de son pays sous contrôle gouvernemental.

Politique de défense

La politique de défense dun État est lensemble des grandes options et principes politiques, stratégiques et militaires quil définit et adopte en vue dassurer sa défense: les capacités militaires qui en découlent les principes dorganisation de la défense et des administrations qui y concourent les hypothèses demploi de ses forces armées la nature de ses relations internationales et notamment sa contribution à des alliances, accords de défense, accord de coopération militaire, accords de maîtrise des armements les missions des forces armées les relations entre les armées et la nation la poli ...

Géopolitique

La géopolitique est létude des effets de la géographie sur la politique internationale et les relations internationales. Cest une méthode détude de la politique étrangère pour comprendre, expliquer et prédire le comportement politique international à travers les variables géographiques. Il sagit notamment des études régionales, du climat, de la topographie, de la démographie et des ressources naturelles. Plusieurs définitions en ont été données: étude des "relations entre les facteurs géographiques et les entités politiques" André-Louis Sanguin ; "discipline qui essaie d’expliquer la forma ...

Politique intérieure

La politique intérieure désigne lensemble des décisions administratives prises en relation directe avec les problèmes et les activités dune nation dans ses frontières.

Régionalisme (politique)

En politique, le régionalisme est une attitude visant à valoriser et à défendre les intérêts et lidentité de régions particulières ou dun groupe de régions, quelles soient officielles ou bien traditionnelles. Au sein dune nation, dans un cadre politique, les régionalismes visent à accorder aux régions une autonomie relative, quelle soit politique ou économique. Les régions deviennent alors un échelon intermédiaire entre le pouvoir central de lÉtat et les institutions locales. Le régionalisme a également une acception plus générale, selon laquelle tout mouvement infra-étatique visant à laff ...

Centrisme

Le centrisme est un terme utilisé en science politique pour désigner une position défendant un équilibre ou un compromis entre lidéal de légalitarisme et la nécessité dune hiérarchie sociale, conduisant dans les faits à une modération entre interventionnisme et laissez-faire sur le plan économique, ainsi quentre progressisme et conservatisme sur le plan sociétal et culturel.

Groupe des deux

Le Groupe des deux est le nom informel donné aux relations entre les États-Unis et la République populaire de Chine. Donné à lorigine par léconomiste et conseiller politique américain C. Fred Bergsten, principalement pour décrire la relation économique entre les deux pays, la notion a commencé à gagner plus de poids et à sélargir grâce aux experts en politique internationale, comme un terme reconnaissant la centralité des relations sino-américaines vers les débuts de la présidence de Barack Obama. Les principaux partisans de ce terme incluent lancien conseiller à la sécurité nationale Zbig ...

Grande Bulgarie (revendication)

La Grande Bulgarie est le nom informel donné au territoire bulgare défini au Traité de San Stefano en 1878, qui, à la suite de la guerre russo-turque de 1877-1878, visait à reconstituer en partie les royaumes bulgares médiévaux, davant la conquête turque. Le jour de la signature du traité est la fête nationale de la Bulgarie. Mais lEmpire britannique et lAutriche-Hongrie sopposèrent à ce traité qui, selon elles, encourageait le panslavisme. Elles craignaient quune Bulgarie puissante ne devienne un satellite de la Russie et une menace pour lEmpire ottoman. Le 13 juillet 1878, à la suite du ...

Volontarisme (courant politique)

Le volontarisme, en anglais voluntaryism et parfois voluntarism, est un courant politique libertarien, anarchiste, basé sur le principe de non-agression et sur lidée que toute relation entre êtres humains doit être explicitement volontaire. Le courant est proche de lanarcho-capitalisme.

Mandat politique

Un mandat politique est une charge publique élective, notamment une fonction de membre dune assemblée élue. On parle de mandat de député, de mandat législatif mais aussi de mandat présidentiel.

Nativisme (politique)

Le nativisme est un mouvement politique rencontré dans certains pays soumis à une nouvelle immigration et qui sy opposent. La distinction est faite dans ces mouvements entre les personnes immigrantes et les personnes nées sur le territoire, parfois à léchelle de plusieurs générations.

Nouvel ordre mondial (relations internationales)

Le nouvel ordre mondial est un concept géopolitique de limmédiat après-guerre froide. La formule "nouvel ordre mondial" est parfois mentionnée par son acronyme NOM. Lexpression désigne alors lalignement idéologique et politique des gouvernements et organismes mondiaux vers une certaine unipolarité, incarnée par les États-Unis. Depuis lors, elle est réemployée dans dautres contextes où il est diversement question de consolider une gouvernance mondiale.

Axe du Mal

"Axe du mal" est un slogan néo-conservateur qui sert à désigner les différents pays présentés par ladministration de lex-président américain George W. Bush comme souhaitant se procurer des armes de destruction massive et soutenant le terrorisme.

Russification

Le mot russification désigne plusieurs processus différents mais complémentaires: le changement de patronymes ou de toponymes dans les régions initialement non-russes de lEmpire russe puis de lURSS, comme Haydar Ali devenant Gaïdar Aliev ou Cetatea Albă devenant Belgorod-Dniestrovskyï ; linfluence du russe sur certaines langues slaves, baltes ou autres, parlées dans des régions contrôlées ou ayant été sous contrôle de la Russie, amenant à lémergence dans ces langues de calques linguistiques du russe "russismes", voire de langues mêlées comme le trasianka en Biélorussie ou le sourjyk en Ukr ...

Cohabitation (politique)

La cohabitation désigne la coexistence institutionnelle entre un chef de lÉtat et un chef du gouvernement politiquement antagonistes.

Groupe parlementaire

Un groupe parlementaire, également appelé caucus ou conférence, est une association de parlementaires qui se regroupent en fonction de leurs choix politiques au sein dune chambre de Parlement. Dans la plupart des Parlements, la constitution en groupe permet aux élus qui en sont membres de bénéficier de certains avantages. Les membres dun groupe parlementaire sengagent généralement à respecter la discipline de leur groupe lors des votes. Les membres dun groupe parlementaire sont généralement tous membres dun seul et même parti politique, mais un groupe peut également être composé de membres ...

Politique sociale

La politique sociale constitue, dans une société organisée autour du principe de solidarité, un ensemble d’actions mises en oeuvre progressivement par les pouvoirs publics pour parvenir à transformer les conditions de vie des salariés et éviter les explosions sociales, la désagrégation des liens sociaux. En France, on associe lidée de politique sociale à une politique publique liée à la protection sociale. Elle fait référence au concept dÉtat providence. Ce dernier fut institutionnalisé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale dans les pays industrialisés.

Politique écologique

La politique écologique est considérée par ses partisans comme une option politique distincte de celles des partis de gauche comme de droite, en cela que les partis verts proposent, pour assurer la protection de lenvironnement, des mesures politiques peu semblables à celles des politiciens plus conventionnels. Par exemple: mesure du bien-être, comme alternative à lindice des prix à la consommation pour la mesure de la croissance économique - souvent vue comme une mesure dextrême gauche, du fait de son impact possible sur le volume monétaire et la mesure de linflation. évolution vers une ta ...

Politique publique

Une politique publique est un concept de science politique qui désigne les "interventions d’une autorité investie de puissance publique et de légitimité gouvernementale sur un domaine spécifique de la société ou du territoire". La sociologie politique utilise ce concept afin danalyser lensemble de ces interventions dans les différentes étapes de leur mise en oeuvre, aussi bien que dans leur genèse ou au travers de leurs conséquences il est alors question de "sociologie de l’action publique". La science administrative tend plutôt à analyser et à évaluer une politique publique en fonction de ...

Stratégie de groupe

Les stratégies de groupe sont des fonctions de gestion centralisée de la famille Microsoft Windows. Elles permettent la gestion des ordinateurs et des utilisateurs dans un environnement Active Directory. Les stratégies de groupe font partie de la famille des technologies IntelliMirror, qui incluent la gestion des ordinateurs déconnectés, la gestion des utilisateurs itinérants ou la gestion de la redirection de dossiers ainsi que la gestion des fichiers en mode déconnecté. Les stratégies de groupe sont gérées à travers des objets de stratégie de groupe communément appelés GPO. Les entrepris ...

Logement social

Un logement social est un logement destiné, à la suite dune initiative publique ou privée, à des personnes à revenus modestes qui auraient des difficultés à se loger sur le marché privé. Lexpression sert aussi à désigner le secteur économique constitué par ce marché immobilier et les politiques déconomie sociale qui président à son administration. En Europe le logement passe par diverses traditions et des histoires nationales qui toutes visent à l’encadrement des loyers et à plus ou moins dextension du logement social. Contrairement aux termes public housing en aux États-Unis, council home ...

Realpolitik

Le terme fut appliqué pour la première fois à lattitude dOtto von Bismarck qui suivait la trace de Metternich dans la recherche diplomatique dun équilibre pacifique entre empires européens. Lors de la guerre de 1866, il négocia lalliance italienne pour attaquer lAutriche et les États du Sud de lAllemagne. Après la bataille de Sadowa, il sabstint de demander des réparations pour permettre léclosion dun Empire allemand sous lautorité du roi de Prusse. Il se justifia à Guillaume I er: "Nous ne devons pas choisir un tribunal, nous devons bâtir une politique allemande." Laide de lAutriche fut a ...

Politique linguistique

On appelle politique linguistique, aménagement de la langue ou aménagement linguistique, toute politique conduite par un État ou une organisation internationale à propos dune ou plusieurs langues parlées sur son territoire, pour en modifier le statut ou le corpus, ou encore lacquisition notamment à lécole, généralement pour en conforter lusage, parfois pour en limiter lexpansion, ou même oeuvrer à son éradication. Lemploi de la signalisation routière bilingue est sans doute le principal instrument symbolique de perception et dinstitutionnalisation de la réalité bilingue dun territoire. Une ...

Politique budgétaire

La politique budgétaire correspond à lensemble des modifications de limposition ou des dépenses publiques. Combinée à la politique monétaire, la politique budgétaire forme la politique conjoncturelle. Dans la pratique, il est surtout question des politiques budgétaires de stimulation de lactivité, dans les périodes de creux économique, sous la forme de baisse de limposition ou de hausse de certaines dépenses, ce qui conduit à une dégradation du solde public. À linverse, dans les périodes de croissance économique élevée hors période de bulle spéculative, la discipline budgétaire doit permet ...

Politique de lUnion européenne

La politique de lUnion européenne se dessine distinctement des systèmes politiques nationaux. En tant que fusion supranationale dÉtats souverains, elle représente, à légard du domaine politique, une innovation historique étant à la fois intergouvernementale, supranationale et une démocratie parlementaire multipartiste. Le Tribunal constitutionnel fédéral allemand a, pour la désigner, utilisé le néologisme staatenverbund. Dès la phase d’apparition du projet dunification européenne, après la Seconde Guerre mondiale, les différentes conceptions, qui existent encore aujourdhui, opposaient la n ...

Doctrine de la porte ouverte

La doctrine de la porte ouverte est utilisée pour décrire la politique étrangère des États-Unis à la fin du XIX e siècle et début du XX e siècle vis-à-vis de la Chine. Définie par le secrétaire dÉtat John Hay, la note de la porte ouverte est envoyée en 1899 à ses homologues européens. Cette doctrine propose de maintenir le marché chinois sur un même pied d’égalité avec toutes les autres puissances étrangères. Ainsi, aucune puissance internationale n’aurait le contrôle total du pays.

Politique de bon voisinage

La politique de bon voisinage constitue lun des volets de la politique étrangère des États-Unis sous la présidence de Franklin Delano Roosevelt. Elle vise à réduire les interventions américaines dans les affaires intérieures des pays dAmérique latine pendant les années 1930.

Politique des Trois Tout

Lexpression Politique des Trois Tout, dite également "Tue tout, brûle tout, pille tout", désigne une politique de la terre brûlée pratiquée dans le nord de la Chine par lArmée impériale japonaise, durant la seconde guerre sino-japonaise, à partir de la fin 1941 et, surtout, du début 1942. Surpris par loffensive des cent régiments menée par les troupes régulières et la guérilla du Parti communiste chinois, les Japonais intensifièrent dès la fin 1940 leurs opérations de répression. Le 3 décembre 1941, le Quartier-général impérial émit lordre numéro 575, donnant latitude au général Yasuji Oka ...

Politiques racistes du Troisième Reich

Le Troisième Reich a mis en place diverses politiques racistes et hiérarchique, dont la plus célèbre incarnation demeure les lois de Nuremberg de 1935. Néanmoins, ce programme raciste, fondé sur le mythe de la "race aryenne" et des thèses racialistes, comportait dautres volets, tels le programme T-4 deuthanasie, ou un programme eugénique visant à la "pureté raciale". Ces politiques culminèrent durant la Seconde Guerre mondiale dans le génocide des Juifs européens, Porrajmos, le massacre de populations slaves sur le Front de lEst, la répression des homosexuels et les mauvais traitements inf ...

Politique (Aristote)

La Politique, ou si lon veut traduire le terme au pluriel du grec ancien, Πολιτικά, par Questions de Politique, est un ouvrage en huit livres d’Aristote, dans lequel le philosophe grec sattache à étudier les diverses questions que pose la vie dune cité-État. La synthèse que nous connaissons sous le titre de la Politique est constituée de différentes parties, élaborées peu à peu, avec l’aide de nombreux collaborateurs, et à partir dune abondante documentation et d’une masse d’observations. Un premier traité de politique normative auquel Aristote fait allusion, incluant les livres II, III, e ...

Politique de sécurité

Une politique de sécurité est un plan daction défini pour préserver lintégrité et la pérennité dun groupe social. Elle reflète la vision stratégique de la direction de lorganisme.

Politique des mots de passe

Une politique des mots de passe est une suite de règles destinée à améliorer la sécurité, en encourageant les utilisateurs à recourir à des mots de passe relativement robustes et en les utilisant correctement. Cette politique fait souvent partie des règlements officiels dune organisation et est enseignée en tant quélément de formation pour une prise de conscience de limportance de la sécurité.

Sōshi-kaimei

La politique du sōshi-kaimei impose en 1939 aux Coréens sous domination de lEmpire du Japon dadopter des noms japonais. Elle se compose de deux parties: lordonnance n o 19, promulguée en 1939, oblige les habitants au sōshi, puis lordonnance n o 20, promulguée en 1940, autorise le kaimei. Ces ordonnances, décidées par le général Jirō Minami, gouverneur-général de Corée, sopposent à un ordre gouvernemental antérieur interdisant aux Coréens dadopter des noms japonais et font partie dune plus vaste politique dassimilation de la Corée par le Japon appelée naisen ittai "La Corée et le Japon ne f ...

Politique dapaisement

La politique dapaisement dans les relations internationales vise à éviter la guerre en faisant des concessions à lennemi. Lhistorien Paul Kennedy la définit ainsi: "politique de règlement des querelles internationales par ladmission et la satisfaction des États par la voie de négociation rationnelle et de compromis, évitant ainsi le recours à un conflit armé qui serait coûteux, sanglant, voire dangereux."

Expansionnisme du Japon Shōwa

Cet article retrace lhistoire du Japon impérial pendant la première partie de lère Shōwa et en décrit l expansionnisme sur la zone de la "Sphère de coprospérité de la grande Asie orientale". Mis en oeuvre dès lère Meiji et poursuivi durant lère Taishō, lexpansionnisme japonais sintensifia durant lère Shōwa, jusquà aboutir à une guerre ouverte dans lensemble de lAsie. La défaite militaire du Japon en 1945 vint mettre un terme à son expansionnisme militaire.

                                     

ⓘ Politique

English version: Politics

Notion polysémique, la politique recouvre:

  • dans une acception plus restrictive, la politique au sens de Politikè ou dart politique, se réfère à la pratique du pouvoir, soit donc aux luttes de pouvoir et de représentativité entre des hommes et femmes de pouvoir, et aux différents partis politiques auxquels ils peuvent appartenir, tout comme à la gestion de ce même pouvoir ;
  • la politique en son sens plus large, celui de civilité ou Politikos, désigne ce qui est relatif à lorganisation ou auto gestion dune cité, dun état et à lexercice du pouvoir dans une société organisée.
  • la politique est le plus souvent assortie dune épithète qui détermine sa définition: on parle de stratégie politique par exemple pour expliquer comment elle se situe dans une perception combinatoire et planifiée de nature à lui faire atteindre ses objectifs.
  • en général, la politique dune communauté, dune société, dun groupe social, au sens de Politeia, se conforme à une constitution rédigée par ses fondateurs qui définit sa structure et son fonctionnement méthodique, théorique et pratique. La politique porte sur les actions, l’équilibre, le développement interne ou externe de cette société, ses rapports internes et ses rapports à dautres ensembles. La politique est donc principalement ce qui a trait au collectif, à une somme dindividualités et/ou de multiplicités. Cest dans cette optique que les études politiques ou la science politique sélargissent à tous les domaines dune société ;
                                     

1.1. Histoire Anthropologie

Selon Georges Balandier, lanthropologie politique "tend à fonder une science du politique, envisageant lhomme sous la forme de lhomo politicus et recherchant les propriétés communes à toutes les organisations politiques reconnues dans leur diversité historique et géographique".

Les anthropologues ont distingué quatre systèmes politiques primitifs, qui se situeraient en dehors de toute logique étatique ou institutionnelle.

  • Les sociétés à chefferies. Quelques individus exercent un pouvoir incontestable et héréditaire, dont létendue reste cependant variable.
  • Les sociétés à notables charismatiques. Ici, le pouvoir est représenté ponctuellement par quelques personnalités reconnues pour leurs qualités morales ou leurs attributs matériels. Toutefois, cette dignité demeure individuelle, et nest pas transmissible héréditairement.
  • Les sociétés lignagères. Décrit par Evans-Pritchard, dans son étude classique sur les Nuer, ce système politique implique la réunion de plusieurs groupes familiaux, au sein desquels les aînés possèdent une légitimité particulière, qui les rend aptes à dénouer un conflit.
  • Les bandes de chasseurs-cueilleurs nomades. Du fait de leur taille réduite guère plus dune centaine dindividus, et de leur mobilité, ces bandes néprouveraient nul besoin dinstituer des autorités politiques permanentes.

Lexistence de sociétés sans États reste néanmoins sujette à caution.

                                     

1.2. Histoire États proche-orientaux

Durant la période dObeïd en Mésopotamie, 6500 à 3750 av. J C. vont apparaître et se combiner deux faits majeurs:

Le phénomène de structuration économique initié au début de lère Néolithique atteint un niveau critique, qui entraîne lémergence dune nouvelle cellule sociologique, la ville, ainsi que lavènement dinégalités sociales. Linvention de lécriture permet ladministration rationnelle dun espace donné: "les écrits, en effet, permettent de porter au loin des messages, de noter des comptes, de conserver des archives, toutes ressources susceptibles daider au plus haut degré ladministration de lÉtat". Lavènement conjoint de ce modèle sociologique et de cette technologie intellectuelle contribue à lémergence dune structure humaine nouvelle, lÉtat, et de son corollaire, la politique.

À partir de lan 3000 av. J C., Les Cités-États qui apparaissent en Mésopotamie semblent privilégier des régimes politiques assez proches de la monarchie constitutionnelle, voire de la république. Un poème sumérien étudié en particulier par Samuel Noah Kramer fait ainsi état de la présence de deux assemblées à Uruk, lune, lassemblée des anciens, sapparentant à une sorte de sénat, lautre à une assemblée du peuple. La légitimité du roi dUruk semble dépendre étroitement de ces deux assemblées: il ne déclare en effet la guerre à la cité de Kish quaprès avoir reçu au moins le soutien de lassemblée du peuple. Qui plus est, lattribution du pouvoir royal nest que rarement héréditaire. Le terme sumérien pour désigner le roi, Lugal, consiste en effet en lassociation de la racine Lu, homme et gal, grand. Ce qui importe ici avant tout ce sont les qualités morales et nullement lappartenance héréditaire: Sargon dAkkad nobtient ainsi le trône que grâce à ses vertus royales.

Progressivement le pouvoir monarchique se renforce, tout à la fois en puissance les premières cérémonies de sacre, qui impliquent une légitimité de droit divin apparaissent au début du II e millénaire av. J C. et en étendue les cités-États sont absorbées par de grands royaumes. Les institutions démocratiques et républicaines, notées par Kramer, tombent de fait en désuétude. Le renforcement de lautorité monarchique va favoriser, au cours du premier quart du II e millénaire av. J C., la mise en place dune administration et dune jurisprudence normalisées, évolution illustrées par les codes dUr-Nammu vers -2100, de Lipit-Ishtar vers -1930 et dHammurabi vers -1750, ainsi que les Lois dEshnunna vers -1760. Certes ces premiers corpus juridiques nont aucune visée exhaustive et sapparentent plutôt par leur style à des recueils de prescriptions morales. Toutefois le fait quils entendent corriger les traditions orales dans une optique rationnelle représente une rupture importante: "la situation dans une société proche-orientale est donc très différente de celle des sociétés sans histoires, où les coutumes sont absolument fixes et où le changement est subi et non organisé".

Laffermissement de grands États centralisés et rationalisés induit lorganisation de relations internationales. De la fin du IIe millénaire av. J C. à -1100, un espace allant de lÉgypte à Élam, et de lArabie au royaume Hittite est régi par un système diplomatique élaboré: le système dAmarna. Fondé sur un relatif équilibre géopolitique entre quatre ou cinq grandes puissances, ce système dispose de sa lingua franca, lakkadien, et de ses protocoles propres. Ainsi, les "différents rois entretenant des relations diplomatiques sont réputés appartenir à une seule et même grande famille ou grande maison … les rois de statut identique se traitent de frères, ceux de moindre envergure sont les fils ou les serviteurs des premiers". Les invasions successives des peuples de la mer mettent fin à cette construction politique élaborée.

Il semble ainsi que les États proche-orientaux ont forgé la quasi-totalité des formes et structures politiques. Pour autant si le politique est certes un objet bien établi, il ne sagit en aucun cas dune pensée ni dune théorie politique.: "jamais le mythe, la loi, la coutume dans leur ensemble ne deviendront objet de débat explicite, parce quelles continuent à relever du sacré, et du sacré seul". Les hommes dÉtats proche-orientaux se préoccupent avant tout des politiques, de la gestion des affaires administratives, et fort peu de la Politique, de lordre étatique dans son ensemble - car lordre est partie prenante de lordre divin dans son ensemble, et ne saurait être contesté, discuté ou simplement considéré.

                                     

1.3. Histoire Cité grecque

En dépit des précédents proche-orientaux, lorigine de la politique se confond généralement avec celle de la pensée politique et donc de fait, avec la Cité grecque. Ainsi lhelléniste anglais Moses Finley, a-t-il pu affirmer que la politique "est une des activités les moins répandues dans le monde pré-moderne". Il sagit en effet, "dune invention grecque, ou, pour être plus précis, une invention que firent séparément les Grecs, les Étrusques et/ou les Romains".

Tout au long du II e millénaire av. J.‑C., la Grèce apparaît comme une simple continuité périphérique du système dAmarna. Comme le note en effet Jean-Pierre Vernant: "la Méditerranée ne marque pas encore de part et dautre de ses rives, une coupure entre lOrient et lOccident. Le monde égéen et la péninsule grecque se rattachent sans discontinuité … dune part au plateau anatolien … de lautre … à la Mésopotamie et à lIran". De la sorte, le premier État grec connu, le royaume mycénien, sapparente par de nombreux traits aux monarchies proche-orientales contemporaines. Il sagit en effet dune royauté bureaucratique, caractérisée par une régulation quasi-maniaque de la vie sociale. De plus, le roi ou anax possède une autorité essentiellement militaire et religieuse. Aussi, la politique à lère mycénienne prend ainsi la forme dune activité essentiellement administrative, inscrite dans un cadre cosmogonique plus large.

Effectif à partir du XII e siècle av. J C. le déclin du monde mycénien va entraîner un redéploiement complet des structures politiques initiales: lanax disparaît et les potentats locaux, dits basileus ne conservent le plus souvent que des prérogatives religieuses. Le reflux de la souveraineté monarchique va favoriser deux forces sociales jusquici quasiment exclues du jeu politique: "dune part les communautés villageoises, et de lautre une aristocratie guerrière". Les dissensions fréquentes entre ces deux forces vont rendre nécessaire la mise en place du débat politique ou agôn, sur une place publique. Le pouvoir cesse dès lors de dépendre dun centre unique, pour être le produit dune délibération constante: "l archè ne saurait plus être la propriété exclusive de qui que ce soit ; lÉtat est précisément ce qui a dépouillé tout caractère privé, particulier, ce qui, échappant au ressort des genè, apparaît déjà comme laffaire de tous".

Progressivement sinstaure une entité politique dun genre nouveau: la polis ou cité. Elle se caractérise par trois traits principaux: lusage du discours rationnel, la publicisation des actes politiques, et la croyance en légalité des citoyens devant la loi ou isonomie. Cette instauration invalide de fait les vieilles coutumes orales, qui régulaient jusqualors le jeu politique et social. Plusieurs législateurs, regroupés sous lappellation générique de sept sages vont promouvoir en conséquence une nouvelle éthique citoyenne, qui témoigne dune volonté de rationaliser la justice: le criminel nest ainsi plus jugé coupable vis-à-vis de sa victime, mais de la cité entière.

Pendant moral de cette éthique, la "sôphrosunè" ou modération, fait converger lensemble des structures sociales vers un "juste milieu". Solon impose ainsi une égalité géométrique, ou homoneia, des corps de citoyens, en accord avec les rapports de types musicaux 2/1, 3/2, 4/3: la première classe de citoyen reçoit ainsi cinq cents mesures de blé, quand la dernière classe nen reçoit que deux cents. Par la suite les démocrates comme Clisthène généralisent le principe de légalité absolue, fondée sur le rapport 1/1: chaque citoyen devient dès lors lentité indivisible dun corps unique: la cité. Afin de garantir ce principe, Clisthènes procède à une réforme profonde de lespace civique athénien, en regroupant les quatre tribus traditionnelles en dix tribus: purement conventionnelle, cette division administrative achève de rationaliser la cité.

                                     

1.4. Histoire Moyen Âge et époque moderne

Au Moyen Âge, le régime politique le plus répandu est celui de la monarchie. Le roi est alors le suzerain de ses vassaux. À partir de la Renaissance, le roi devient souverain. Dans certains États, le régime prend la forme de la monarchie absolue de droit divin, dont larchétype est, en France, le roi Louis XIV.

                                     

1.5. Histoire Fin du XVII e siècle - XX e siècle

À partir de la fin du XVII e siècle et au XVIII e siècle, pendant les Lumières, les injustices qui découlent des inégalités entre les trois ordres, notamment les privilèges accordés à la noblesse, entraînent des modifications profondes des régimes politiques en Europe.

LAngleterre est la première à passer à un régime de monarchie constitutionnelle lors de la Glorieuse Révolution 1688. La France lui emboîte le pas près dun siècle plus tard: la Révolution française éclate en 1789. Elle se concrétise dans un premier temps par une Déclaration des droits de lhomme et du citoyen ; le pouvoir némane plus du monarque par lintermédiaire de droits divins, mais du peuple, et trouve sa légitimité dans les "droits naturels, inaliénables et sacrés", que possède tout homme et toute femme dès la naissance. Le régime passe à la monarchie constitutionnelle 1791, puis à la République 1792, puis passe par des états transitoires: empire 1804, monarchie constitutionnelle à la Restauration en 1815, République 1848, empire 1851, avant de se stabiliser en République 1871.

Ces deux types de régimes monarchie constitutionnelle et République vont se répandre progressivement dans la quasi-totalité des États du monde jusquà aujourdhui.

                                     

1.6. Histoire À partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale

Après la Seconde Guerre mondiale, de nouveaux droits sont proclamés. En France, la Constitution de 1946 définit dans son préambule des droits à caractère essentiellement social. Ces droits sont conservés dans la Constitution de 1958.

Lapparition et lintensification des problèmes écologiques à partir des années 1970 soulèvent la question des droits et devoirs des citoyens en rapport à leur environnement. Les politiques des États commencent à prendre en compte des objectifs de développement durable, croisant les aspects économiques, sociaux, et environnementaux, selon la description donnée au Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992. LUnion européenne met en place une politique de développement durable. En France, les droits et devoirs liés à lenvironnement sont proclamés dans la Charte de lenvironnement de 2004, faisant de ce pays le premier État au monde à leur attribuer une valeur constitutionnelle.

                                     

2.1. Philosophie Chine

La pensée politique chinoise émerge, comme en Grèce archaïque dans un contexte de crise. La décomposition des structures politiques traditionnelles suscite en effet dans les deux cas une prise de conscience philosophique et politique. Effectif à partir du VIII e siècle av. J C., le déclin de lempire des Zhou, permet aux divers fiefs et seigneuries de sémanciper et de constituer de multiples royaumes indépendants.

Dans une société chinoise divisée par le féodalisme, Confucius cherchait à restaurer lordre et la paix grâce au respect des traditions, à la légitimité du pouvoir et à la hiérarchie sociale. Au-delà de ses principes directeurs, son expérience lamène à la conclusion théorique suivante: pour que le pouvoir politique puisse vivre et être pérenne, le Prince est tenu de se comporter comme un homme de qualité, un sage en montrant sans cesse lexemple. "Si un homme sait se gouverner lui-même, quelle difficulté aura-t-il à gouverner son État?".

                                     

2.2. Philosophie Grèce antique

La pensée politique de Socrate se résume à deux apports fondamentaux. Premièrement, le développement dune méthode critique dévaluation de la connaissance politique. À la différence de Protagoras, Socrate affirme que la vérité existe. Toutefois, cette vérité nest pas dogmatique: on ne peut latteindre que par lexercice constant dun esprit critique. Rétif aux concepts, Socrate sefforce dinstiller le doute quant à la moralité et lefficacité des systèmes politiques: "en mettant ses interlocuteurs en contradiction avec eux-mêmes, il montre que lopinion est … incapable de servir de base à la délibération et à la décision politique, ce qui ruine le postulat athénien … de luniverselle compétence des citoyens". Deuxièmement, la conceptualisation de la morale comme un objet de science. Il y a, selon Socrate, des lois morales universelles, que lon ne saurait découvrir que par une éducation véritablement philosophique. Rarement innée, la science du gouvernement sapprend ; si bien que pour Socrate, la Politique apparaît comme un véritable métier.

Initialement dérivée des théories socratiques, la philosophie politique de Platon repose sur la question du bien et des facultés de lâme, question qui touche tant aux conduites humaines individuelles quà léducation: il ny a pas, pour Platon, de vertu que lon pourrait acquérir de manière individuelle, et la philosophie elle-même est une activité de la pensée qui suppose toujours une éducation et des conditions politiques quil reste à définir. Pour Platon, la philosophie politique est alors inséparable de la philosophie morale comme cest le cas pour toute la philosophie grecque ancienne, si bien que la politique, par le moyen de léducation, a pour but de prendre soin de lâme des citoyens. Pour ces raisons, la politique est la science du bien en général, et elle est donc supérieure à toutes les autres sciences et techniques, cest pourquoi Platon la désigne comme technique royale.

Par opposition à Socrate qui part du monde des idées, duquel nos âmes viendraient, pour en déduire des applications concrètes, Aristote tendrait à vouloir sappuyer sur lobservation du réel pour en déduire des principes théoriques. Cette approche aristotélicienne est aussi vraie en politique. Pour Aristote, lhomme est fait pour vivre en communauté politique. Pour lui, la Cité est voulue par la nature et est donc inhérente à tout groupe humain, selon le principe que lhomme est par nature un être destiné à vivre en cité ἄνθρωπος φύσει πολιτικὸν ζῷον / anthropos phusei politikon zoon.

Dans son oeuvre La Politique, Aristote analyse lorigine et le fonctionnement des différents régimes politiques de son époque, le IV e siècle av. J C., pour définir le meilleur dentre eux, qui doit donner naissance à la Cité idéale. La Philosophie hellénistique va marquer un net retrait par rapport à ces préoccupations politiques.

                                     

2.3. Philosophie Renaissance et sécularisation

Machiavel incarne une rupture absolue par rapport à la tradition politique chrétienne et, à ce titre, apparaît comme le premier penseur politique moderne. Selon lui, en effet, "un prince nouveau, dans une cité, ou une province conquise doit faire toute chose nouvelle" lhomme nest pas un animal naturellement politique". Le hasard de la transmission des textes a contribué à occulter cette position conventionnaliste, alors relativement fréquente.

Réhabilité par Hugo Grotius, qui établit lexistence, dans son Traité du droit de la guerre et de la paix, dun droit naturel préexistant aux divers droits politiques, lÉtat de nature est exposé clairement par Samuel Pufendorf dans le premier livre du Droit de la nature et des gens. Pour celui-ci, lÉtat ne fait que confirmer positivement un système de droit et de devoir préexistant en lhomme: il existe des lois naturelles, telles que la loi de sociabilité, qui régissent les rapports humains. Toutefois, pour que ces lois naturelles puissent réellement être appliquées, lintervention dune autorité politique est nécessaire: "Le but des législateurs de cette terre est de régler les actions extérieures de chacun, le mieux quil est possible".

                                     

3. Idéologie

La première mention du terme idéologie remonte à 1801, lors de la publication des Éléments didéologie par Antoine Destutt de Tracy. Toutefois, le sens que Tracy appliquait à ce néologisme navait rien de politique: il sagissait dune science des idées et des sensations: "je veux dans cet écrit, non pas vous enseigner, mais vous faire remarquer tout ce qui se passe en vous quand vous pensez, parlez, et raisonnez". Elle ne recouvre en fait son sens actuel quà partir de l Idéologie Allemande de Karl Marx, écrit en 1846, mais publié beaucoup plus tard.

                                     

3.1. Idéologie Libéralisme

Le libéralisme est un courant de pensée de philosophie politique, né dune opposition à labsolutisme et au droit divin dans l’Europe des Lumières XVIII e siècle, qui affirme la primauté des principes de liberté et de responsabilité individuelle sur le pouvoir du souverain. Il repose sur l’idée que chaque être humain possède des droits fondamentaux quaucun pouvoir ne peut violer. En conséquence, les libéraux veulent limiter les obligations sociales imposées par le pouvoir et plus généralement le système social au profit du libre choix de chaque individu.

Le libéralisme repose sur un précepte moral qui soppose à lassujettissement de lindividu, doù découlent une philosophie et une organisation de la vie en société permettant à chaque individu de jouir dun maximum de liberté, notamment en matière économique. Pour la plupart des libéraux, la dichotomie entre "libéralisme économique" et "libéralisme politique" nexiste donc pas, puisquil sagit de lapplication d’une même doctrine dans des domaines différents.

Au sens large, le libéralisme prône une société fondée sur la liberté dexpression des individus dans le respect du droit du pluralisme et du libre échange des idées. Elle doit joindre dune part dans le domaine économique, linitiative privée, la libre concurrence et son corollaire léconomie de marché, dautre part, des pouvoirs politique et économique bien encadrés par la loi et les contre-pouvoirs. Elle valorise donc le mérite comme fondement de la hiérarchie. Cela suppose idéalement un état de droit où sont respectées les minorités jusquà la plus petite, lindividu, lÉtat nétant que le garant de ce respect et devant rendre des comptes de son action.

Cependant en fonction de la situation et de ce que chacun peut en penser soi-même le libéralisme pourra se manifester de façon fort diverse, voire opposée. Le libéral pourra ainsi être, selon le lieu, voire en fonction des moments, celui qui exige de lÉtat quil brise un traditionalisme religieux ou social oppresseur pour lindividu ou quil intervienne pour donner à chacun une véritable capacité daction économique, ou inversement celui qui soppose à lintervention du pouvoir.

Les limites à fixer à laction de lÉtat, ainsi que les modalités de laction publique notamment aux rôles respectifs de laction administrative et de la loi, seront spécialement sujet à débat au sein même. La plupart des libéraux considèrent que laction de lÉtat est nécessaire à la protection des libertés individuelles, dans le cadre de ses fonctions régaliennes, et nombre dentre eux acceptent et même recommandent certaines interventions de lÉtat dans léconomie, notamment en matière de contrôle et de régulation. À lopposé, les libertariens ou anarcho-capitalistes refusent à lÉtat toute légitimité dans quelque domaine que ce soit.

                                     

3.2. Idéologie Socialisme

Le socialisme est un type dorganisation sociale fondé sur la propriété collective ou propriété sociale des moyens de production, par opposition au capitalisme.

Il est lobjectif de divers courants apparus et développés depuis le XIX e siècle, et ayant abouti aujourdhui aux différents courants marxistes et anarchistes, ainsi quaux sociaux-démocrates. La répartition des biens et services peut se faire en fonction de la production de chaque individu collectivisme, travail aux pièces ou en fonction des besoins de chaque individu communisme, prise au tas. Les États marxistes ont une économie collectiviste, alors que le communisme est préconisé par les anarchistes. Le mouvement socialiste recherche une justice sociale, condamne les inégalités sociales et l’exploitation de l’homme par l’homme, défend le progrès social, et prône lavènement dune société égalitaire, sans classes sociales.

Pour leur part, les universitaires Georges Bourgin et Pierre Rimbert définissent le socialisme comme "une forme de société dont les bases fondamentales sont les suivantes:

  • Propriété sociale des instruments de production ;
  • Gestion démocratique de ces instruments ;
  • Orientation de la production en vue de satisfaire les besoins individuels et collectifs des hommes".
                                     

3.3. Idéologie Fascisme

À lorigine, le fascisme en italien fascismo désigne un mouvement politique italien apparu à la fin de la Première Guerre mondiale. Le 23 mars 1919, Benito Mussolini réunit un certain nombre de dissidents du PSI, et entreprend de former un "Faisceau de combat" fascio di combattimento. Par "Faisceau", Mussolini entendait alors un mouvement spontanéiste, dans la lignée du syndicalisme révolutionnaire italien. Le terme appartenait de fait à un vocabulaire dextrême-gauche. En concurrence directe avec dautres organisations révolutionnaires dont le parti communiste naissant, les Fascii essaient de récupérer une clientèle de droite. Ces tentatives de récupération rassurent la bourgeoisie italienne, qui, à lissue de la répression des mouvements ouvriers, considère ce mouvement comme un moindre mal.

Lidéologie de ce mouvement est délicate à définir: on peut y voir schématiquement une synthèse du nationalisme et du syndicalisme révolutionnaire, mais de multiples contextes et mouvements idéologiques ont en fait préludé à sa création: le renouveau de lirrationnel, le futurisme, lantisémitisme… Du fait de sa nature composite, le fascisme a peiné à constituer une doctrine originale et nouvelle: "au début, le fascisme se distingue difficilement dautres mouvements ultra-minoritaires". Les contemporains eux-mêmes étaient sceptiques vis-à-vis dun programme "attrape-tout", qui capte aussi bien des thématiques marxistes, nationalistes et réactionnaires.

Comme le note lhistorien Pierre Milza, cette diversité idéologique nous oblige à penser le fascisme comme une pluralité: "Il ny a pas un mais des fascismes". Cette pluralité est dabord spatiale: "Sur un fond commun … il y a éclosion de mouvements politiques dun type nouveau, proches parents les uns des autres, mais en même temps dotés dune spécificité qui tient au passé, aux traditions, aux structures des pays dans lesquels ils se développent". Elle est aussi, et surtout, temporelle. Milza identifie ainsi quatre étapes de développement du fascisme:

  • Le premier fascisme constitue une réaction spontanée de la classe moyenne face à des menaces diverses et contextualisées: prolétarisation, mouvements révolutionnaires.
  • Le troisième fascisme représente le fascisme de gouvernement. Il hérite des contradictions initiales du mouvement. À la différence des dictatures de droite classiques, le fascisme ne peut simplement consacrer la domination des élites en place. Il doit en effet satisfaire certaines classes sociales inférieures, qui ont constitué sa clientèle originelle: la petite bourgeoisie fournit ainsi les principaux cadres du nouveau régime, tandis que de multiples institutions sociales corporations sefforcent dintégrer le prolétariat à la société fasciste. Ces dispositions contradictoires ne peuvent se concilier que dans le cadre dun grand dessein national. Aussi, par ses contradictions mêmes, le fascisme est acculé à la guerre.
  • Le second fascisme résulte dune alliance entre le premier fascisme et la grande bourgeoisie, ce qui suppose que cette dernière se sente également menacée. Cette alliance entraîne la liquidation de certains courants gauchisants le squadrisme italien, les SA allemands….
  • Le quatrième fascisme ou full fascism sefforce de remplacer lordre bourgeois et libéral par un ordre nouveau. Ce remplacement présuppose la mise en place dun pouvoir totalitaire lÉtat-SS et le conditionnement généralisé des individus.

Considéré sous langle de ces deux pluralités, le Fascisme devient un concept politique générique, qui, au-delà du régime de Mussolini caractérise le Nazisme de Hitler, la Ligue de Cuza de Codreanu, la Heimwehr autrichienne, le BUF dOswald Mosley, le PPF de Jacques Doriot… Il semblerait même que lon puisse parler, après 1929, dune internationale fasciste. En 1932, Mussolini affirme ainsi dans un discours tenu à Milan: "Dans dix ans, lEurope sera fasciste ou fascisée". Un peu plus tôt, lun des caciques du régime, Asvero Gravelli, allait jusquà déclarer dans sa revue Antieuropa: "le fascisme est le fossoyeur de la vieille Europe. Voici que surgissent les forces de lInternationale fasciste". Cest dans cet esprit que Mussolini créa les CAUR Comitati dAzione per lUniversalità di Roma en 1933, afin de fédérer les mouvements qui se réclament du fascisme italien. Cette initiative resta lettre morte: foncièrement nationalistes, les fascismes ne sauraient cohabiter. Ce nest que par lexpansionnisme de quelques États fascistes, que le fascisme put simposer internationalement.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les mouvements fascistes cessent de constituer une alternative politique viable. Aussi bien leur compromission dans des crimes contre lhumanité que "lavènement dun système capitaliste infiniment plus internationalisé que par le passé" hypothèque définitivement leur avenir idéologique. Bien que "lépoque du fascisme" soit close, ces mouvements continuent, marginalement, dexister.

                                     

4.1. Organisation du pouvoir Régimes politiques selon la légitimité

Pour sexercer sans rencontrer dopposition, le pouvoir politique sest toujours attaché à justifier de sa légitimité. Celle-ci peut reposer sur:

  • lexpression du droit des peuples et des individus souveraineté populaire ; cest le cas des démocraties mais aussi de régimes autoritaires mais se réclamant de la volonté populaire certains régimes fascistes ;
  • le hasard stochocratie.
  • la volonté divine, cas des théocraties mais aussi de la monarchie de droit divin ;
  • le mérite et la qualité des dirigeants. Cest la théorie induite par les régimes gouvernés par les "sages" cas de certains pouvoirs locaux ou tribaux, doligarchie bourgeois suffrage censitaire ou techniciens ;
  • le souci defficacité de laction politique, officiellement pour le bien du peuple même si celui-ci nest - temporairement ou de façon permanente - pas jugé apte à exercer le pouvoir. Ce sont les régimes inspirés du positivisme, les technocraties ;
  • la tradition et lhérédité, cas des régimes traditionnels, des monarchies et de systèmes aristocratiques ;

Historiquement, il semble que dans un certain nombre de premières civilisations, le pouvoir politique napparaît pas distinct du pouvoir religieux voir par exemple la Politique dans lÉgypte antique. La confusion du pouvoir politique et religieux, ou la soumission du pouvoir politique au religieux, ou la très grande proximité des deux, sappelle théocratie.

                                     

4.2. Organisation du pouvoir Autres typologies de régimes politiques

La politique consiste dabord en lorganisation du pouvoir dans la société. On distingue entre plusieurs Systèmes de prise de décision.

On distingue traditionnellement entre monarchies et républiques, une distinction institutionnelle finalement jugée peu pertinente de nos jours compte tenu du fait de la diversité des types de monarchie de la monarchie parlementaire scandinave ou britannique à la théocratie saoudienne et de types de républiques.

Les distinctions actuelles reposent plus sur le degré de démocratie, la démocraticité, caractérisant le régime. On distingue ainsi les régimes démocratiques, autoritaires, ou totalitaires.

                                     

4.3. Organisation du pouvoir Pouvoirs politiques

Le pouvoir politique est constitué dau moins deux fonctions distinctes:

  • un pouvoir exécutif, qui prend des décisions et, une fois celles-ci adoptées, les applique et les fait appliquer au travers dune administration ;
  • un pouvoir législatif une ou des assemblées, assurant la représentativité du peuple ou du moins de lélite, qui accepte ou non les décisions de lexécutif et peut parfois en proposer lui-même.

À cela sajoutent des pouvoirs non directement "politiques" mais qui participent au système politique:

  • le pouvoir judiciaire, chargé de juger ;
  • le pouvoir médiatique, est souvent qualifié de quatrième pouvoir compte tenu de sa capacité supposée ou réelle à influencer lopinion publique.

Dans la pensée politique démocratique occidentale née en Grande-Bretagne puis formalisée par le philosophe français Montesquieu, qui sert actuellement, au moins sur le papier, de modèle au niveau international, les pouvoirs doivent être séparés. Dans les démocraties on distingue ainsi entre:

  • des formes mixtes.
  • le régime parlementaire ou dassemblée ;
  • le régime présidentiel ;
                                     

4.4. Organisation du pouvoir Pouvoirs territoriaux

Les modes dorganisation territoriale constituent un autre aspect de lorganisation du pouvoir. À cet égard, on distingue:

  • les États unitaires pratiquant une dose plus ou moins importante de décentralisation du pouvoir ;
  • lÉtat unitaire qui pratique la centralisation du pouvoir ;
  • les États fédéraux, pratiquant le fédéralisme, conférant un pouvoir important aux divisions territoriales.

Classiquement, les États comprennent deux grands types de subdivisions territoriales:

  • les municipalités ou villages, constituant historiquement la cellule de base de la vie locale.
  • de larges entités régionales au sens français correspondant souvent à des entités historiques bien déterminées, ayant parfois connu au cours de leur histoire des périodes dindépendance ou dautonomie ;

Entre les deux, existent parfois des échelons politique et/ou administratifs tels, en France, le département et les cantons.

Au-dessus du cadre national, existent des structures politiques plus ou moins souples "régionales" telle lUnion européenne et mondiales telle lOrganisation des Nations unies.

                                     

5.1. Politiké: art et pratique Vie politique

Les modalités daccession au pouvoir sont, comme lorganisation du pouvoir, déterminées par les institutions et sont une part du régime politique. Cependant, elles dépassent également la question de lorganisation du pouvoir pour les raisons suivantes:

  • laccession au pouvoir dépend également de la vie politique, cest-à-dire notamment, dans les sociétés contemporaines, de la vie des partis politiques ; doù également la question des relations entre le pouvoir et ses oppositions ;
  • la question de laccession au pouvoir dépasse également celle de son organisation puisque laccession peut se produire par une forme qui na pas été prévue par les institutions. Ce sont toutes les formes de prises de pouvoir violentes: coup dÉtat et révolution.

La politique politicienne désigne la part du politique qui nest pas conforme aux principes établis. Ce terme est employé par exemple lorsquun politique individu ou parti soccupe de ses affaires, de celles de ses confrères et de celles son parti, plutôt que de celles de la cité.

                                     

5.2. Politiké: art et pratique Mode daccession au pouvoir

Les différents modes daccession au pouvoir dépendent de la légitimité du régime en place lire supra ainsi que du type de régime supra. Sur le papier, le système de lélection, fondé sur le présupposé théorique de la démocratie, sest imposé au XX e siècle comme le système standard international de désignation des dirigeants. Il existe des exceptions avec en particulier des monarchies.

Au sein du système démocratique, on distingue notamment entre:

  • différentes de mise en oeuvre, à travers divers types de système électoral.
  • démocratie directe ou démocratie indirecte avec mandat impératif ou représentatif délégation de pouvoir ;
                                     

5.3. Politiké: art et pratique Modes daction politique

Dans les régimes démocratiques, le mode normal daccession au pouvoir est la participation aux élections.

Dautres modes dexpression non violents existent également.

Le domaine de la politique recouvre cependant également des modes dactions politique violents: coup dÉtat, révoltes, Révolution. Certains actes violents sont considérés comme du Terrorisme par ceux contre lesquels ils sont destinés et des actes de Résistance par ceux qui le pratiquent.

                                     

5.4. Politiké: art et pratique Partis politiques

Des factions politiques opposées ont toujours existé au sein de tous les régimes, souvent plus fondés sur le soutien à une personnalité du régime souvent un prince ou un grand seigneur au sein des monarchies. À partir de la Révolution française au moins mais bien plus tôt en Angleterre avec les tories et whigs, sest mis en place un modèle fondé sur des partis politiques ou mouvements politiques théoriquement plus soudés par des idées politiques plus que par le soutien à une personnalité.

Les systèmes politiques multipartistes se sont répandus à travers le monde, introduisant des notions politiques nouvelles:

  • lalternance politique pacifique à la tête du gouvernement entre partis ;
  • la distinction entre deux principaux camps politiques: la droite et la gauche, ou, de manière caricaturale, les conservateurs et les réformateurs, etc.
  • la distinction entre une majorité et une opposition ;

Les mouvements politiques peuvent être associés dans leur action avec des mouvements sociaux, des associations, etc. Larticle 4 de la Constitution de 1958 régit lorganisation des partis politiques en France.

                                     

5.5. Politiké: art et pratique Rôle politique des médias

Les médias ont toujours joué un rôle important dans la vie politique, constituant un relais de la vie politique envers le public. Linfluence des médias a conduit à appeler la presse le "quatrième pouvoir". Le pouvoir politique a suivi les évolutions technologiques, utilisant la presse, la radio les "causeries au coin du feu" de Franklin Delano Roosevelt, le cinéma les films de propagande des régimes totalitaires, la télévision puis Internet et le marketing direct.

En France, lutilisation de médias touchant directement le grand public, hormis la presse, était considérée au début du XX e siècle avec suspicion par les milieux républicains pour qui le lien direct de la tête de lexécutif avec le peuple relevait de la tradition bonapartiste. Lutilisation de la radio tout dabord lappel du 18 juin du Général de Gaulle puis de la télévision par le général de Gaulle a brisé ces tabous.

Le développement des médias a conduit à une modification des comportements des hommes politiques, une tendance appelée peoplelisation au début des années 2000. Il sagit de montrer une autre image non institutionnelle et plus intime de lHomme politique et de mettre en scène sa vie privée afin de créer une image favorable et un lien de proximité avec lélecteur potentiel. En France, on peut tracer ses prémices dans les années 1970 lorsque Valéry Giscard dEstaing mit sa femme en scène et se fit filmer en train de jouer de laccordéon.

                                     

5.6. Politiké: art et pratique Exercice du pouvoir

La politique menée par un gouvernement recouvre lensemble de ses décisions prises à léchelon politique ou à léchelon administratif. Cette politique "générale" se subdivise en politiques sectorielles dont les principales sont la politique sociale, la politique économique, la politique étrangère, etc. Un concept qui peut être affiné. Laction politique sexerce concrètement à travers lémission de règles de niveau politique ou administratif appliquées ou contrôlées par une administration.

                                     

5.7. Politiké: art et pratique Représentations

La présence des femmes en politique a augmenté lentement mais sûrement entre 2000 et 2009. Daprès un rapport des Nations unies, la proportion de sièges quelles occupent dans les parlements nationaux est passée de 17 à 23 % pour les régions développées et de 11 à 17 % pour celles en développement.

                                     
  • personnalité politique est une personne impliquée dans la vie politique Plusieurs synonymes sont également employés, tels que femme politique homme politique ou
  • La philosophie politique est une branche de la philosophie qui étudie les questions relatives au pouvoir politique à l État, au gouvernement, à la loi
  • système politique en vigueur au Québec depuis la réforme de 1968. Avant cette réforme, le parlement du Québec était bicaméral. Les institutions politiques québécoises
  • Le régime politique est basé sur le système de Westminster du Royaume - Uni. Cependant, le Canada a développé ses propres traditions politiques : par exemple
  • politique La seconde, d ordre institutionnel, le tient pour un élément essentiel du jeu démocratique : elle consiste à saisir le parti politique
  • 27 novembre 2012. Science politique Pouvoir politique Mouvements et partis politiques Alternance politique World Values Survey Portail de la politique
  • détaillé : Politique étrangère de la France.  Article détaillé : Politique culturelle française. La France a une longue tradition de politiques culturelles
  • mandat politique révèle toutes ses qualités. Cela signifie que le représentant est titulaire du mandat pour l ensemble de l entité politique Ainsi
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